PIP: les avocats de victimes réclament la reconnaissance du préjudice moral et matériel

7 mai 2013 17 h 03 min Nutrition santé
Une prothèse mammaire PIP
Une prothèse mammaire PIP
(©AFP/Archives)

Les avocats des deux principales associations de porteuses de prothèses PIP ont réclamé mardi que le tribunal correctionnel de Marseille reconnaisse « le préjudice moral et matériel de l’ensemble des victimes ».

« Il n’est pas question de plaider cas par cas, mes confrères ont très bien caractérisé les faits au cours des derniers jours. Mon propos est destiné à sensibiliser votre tribunal, s’il le fallait encore, sur le préjudice moral et matériel de l’ensemble des victimes », a déclaré Me Roland Mino, pour le Mouvement de défense de femmes porteuses d’implants et de prothèses (MDFPIP), qui revendique 1.500 membres.

« Cette société (PIP, ndlr) s’est enrichie au mépris de la vie humaine, elle doit payer », a-t-il dit.

L’avocat de l’Association des porteuses de prothèses PIP (PPP), Me Philippe Courtois, a abondé dans ce sens: « la fraude est innée dans cette société, tout comme le manque de conscience. Ils ont anéanti la vie de ces femmes. »

Me Courtois a qualifié de « méprisante » l’attitude du fondateur de la société varoise, Jean-Claude Mas, prévenu aux côtés de quatre anciens cadres de sa PME.

« Je vous conseille de redescendre de votre nuage, voir ce que votre gel a fait à toute ces femmes. Votre gel est mauvais, vous êtes responsable sur la totalité de la période », lui a-t-il lancé.

Pour Me Courtois, la peine de cinq ans encourue pour tromperie aggravée et escroquerie est « peu » car « les victimes auront les peines les plus lourdes. Pour elles, c’est la perpétuité ».

Lors des plaidoiries du jour, Me Frédéric Pariente, qui représente 50 victimes vénézuéliennes, a évoqué le fait que « l’ensemble des profits effectués par la société PIP étaient réalisés à l’étranger » et regretté de ce fait que les victimes étrangères soient très peu « présentes, par manque d’information ».

« A chaque coin du Venezuela, existent des instituts esthétiques. Vous imaginez les dégâts réalisés par Monsieur Mas ? », a-t-il argué auprès de la cour.

Le tribunal devait entendre mardi en fin d’après-midi le conseil de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), dont les inspecteurs avaient découvert le silicone frauduleux en mars 2010 dans l’usine. Il entendra aussi le conseil de TÜV, Me Olivier Gutkès.

Les réquisitions sont prévues le 14 mai. Toute porteuse de prothèse PIP peut se constituer partie civile d’ici là. Elles sont à ce stade plus de 6.300 à l’avoir fait.

 

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