PIP: les inspecteurs de l’ex-Afssaps ne soupçonnaient pas la fraude en 2010

22 avril 2013 10 h 35 min Nutrition santé
Le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, le 18 avril 2013 devant le parc des expositions de Marseille transformé en tribunal pour le procès
Le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, le 18 avril 2013 devant le parc des expositions de Marseille transformé en tribunal pour le procès
(©AFP/Archives)

Le procès de l’affaire des prothèses mammaires PIP a repris lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille avec l’audition des inspecteurs de l’agence des produits de santé qui avaient découvert la fraude dans l’usine varoise en mars 2010, lors d’une visite effectuée sans suspicion a priori selon leurs dires.

L’Afssaps (devenue depuis l’ANSM) avait alors été alertée sur des ruptures de l’enveloppe des prothèses PIP intervenant « à une fréquence significativement plus élevée que pour les autres implants mammaires contenant des gels de silicone ».

Du 16 au 18 mars 2010, deux inspecteurs de l’agence se rendent donc dans les locaux de l’entreprise à Six-Fours-Les-Plages et La Seyne-sur-Mer – où la dernière inspection remontait à juin 2001, soit au début de la fraude reprochée à PIP.

« On a prévenu la société car on n’était pas du tout dans un contexte de suspicion de fraude, on venait pour comprendre l’origine des ruptures », raconte Jean-Christophe Born, 47 ans, ingénieur chimiste salarié de l’Afssaps qui participe à l’inspection.

La première journée, qui « se passe bien », est consacrée à l’étude du dossier de conception des prothèses et à la visite des locaux de production, qui « avaient l’air tout à fait normaux », poursuit le témoin.

Mais le lendemain, à La Seyne, les inspecteurs de l’Afssaps aperçoivent, depuis l’extérieur du site, des conteneurs portant l’étiquette d’une matière première qu’ils ne connaissent pas. Ils passent les grilles de l’usine et s’en approchent, mais « les étiquettes avaient disparu sur les fûts, alors qu’on les avait vues depuis l’autre côté de la clôture quelques minutes plus tôt ».

Les deux inspecteurs finiront par retrouver des étiquettes de Silop, une huile de silicone de grade industriel et non médical qui servait à fabriquer le gel maison contenu dans les implants, à la place du gel déclaré de marque Nusil.

Interrogés à l’époque sur l’utilisation des matières premières non déclarées, Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, et le directeur du développement de l’usine répondent alors qu’elles ont servi à produire un millier d’échantillons.

« On avait évalué la quantité à neuf tonnes. Pour mille échantillons, soit neuf kilos par implant, ça faisait beaucoup », ironise M. Born.

« Donc, dans un premier temps, il n’y a pas eu de collaboration de PIP, on a cherché à vous cacher la vérité? », l’interroge la présidente du tribunal, Claude Vieillard.

« Exactement », répond le témoin, ajoutant que selon lui, le personnel de PIP rencontré alors « était très compétent ».

 

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